Les directions RSE vont-elles disparaître ?

Appels d’offres publics et RSE
28/09/2026

05/10/2026

Starbucks supprime sa fonction durabilité. Unilever rattache ses missions RSE à sa direction communication. Aux États-Unis, le nombre de directeurs RSE dans les entreprises cotées recule pour la première fois en quinze ans. Dans un article publié le 29 septembre 2026, Novethic pose la question qui agite la profession : les directions RSE sont-elles en voie de disparition ?

En tant que consultante QSE-RSE auprès des TPE et PME, cette question me concerne directement. Et ma réponse est plus nuancée qu’un simple oui ou non.

Un signal réel, mais qui concerne surtout les grands groupes

Le constat est clair : dans plusieurs multinationales, les équipes durabilité sont réduites, les budgets resserrés, les objectifs revus. Contexte géopolitique, arbitrages financiers, recul de certaines obligations réglementaires : la RSE n’est plus toujours en haut de la liste des priorités des conseils d’administration.

Mais ces annonces visent des organisations qui avaient bâti, ces dernières années, de véritables directions dédiées, souvent portées par la montée en puissance du reporting de durabilité. Ce n’est pas la réalité de la majorité des TPE et PME, qui n’ont jamais eu de « direction RSE ».

Mutation plutôt que disparition

Les professionnels interrogés par Novethic parlent moins de fin que de transformation. Selon eux, la RSE sort de l’ère du reporting pour entrer dans celle de l’intégration : la durabilité se diffuse dans la finance, les achats, la production, les ressources humaines. Une étude de Sidièse, EPSA et Produrable indique que près de 40 % des directeurs durabilité s’attendent à cette diffusion dans l’ensemble des métiers.

Autrement dit, la question n’est plus « qui porte la RSE ? » mais « comment chaque fonction l’incarne-t-elle dans ses décisions ? ». C’est, à mes yeux, une excellente nouvelle. Une démarche RSE qui repose sur une seule personne reste fragile. Une démarche portée par chaque direction, chaque équipe, devient un véritable mode de fonctionnement.

Le piège : intégrer n’est pas supprimer

Il faut pourtant rester lucide. L’article le souligne : la réduction des moyens ne signifie pas que la durabilité est déjà intégrée partout. On observe plutôt l’inverse. Les responsables RSE ont vu leur mandat s’élargir (reporting, risques climatiques, transformation des modèles d’affaires) sans que leur autorité ni les incitations de l’entreprise suivent.

Intégrer la RSE dans les métiers demande du temps, des outils, de la méthode et un portage au plus haut niveau. Sans cela, on ne « diffuse » pas la RSE : on l’abandonne en la rebaptisant.

Et dans les TPE et PME ?

Dans une petite structure, l’intégration n’est pas une tendance, c’est un point de départ. Le dirigeant est à la fois le directeur financier, le responsable des achats et le premier ambassadeur de la démarche. Cela donne trois enseignements.

1. La RSE doit parler le langage de l’entreprise. Réduction des consommations d’énergie, fidélisation des équipes, maîtrise des risques, réponse aux exigences des donneurs d’ordre : c’est en reliant la RSE aux enjeux concrets de l’entreprise qu’elle trouve sa place dans les décisions.

2. L’expertise devient un appui, pas une fonction à plein temps. Peu de PME peuvent recruter un responsable dédié. Ce qu’elles recherchent, c’est un « chef d’orchestre » capable de structurer, d’outiller, de fiabiliser les données et de remettre le cap quand les urgences prennent le dessus.

3. Les exigences ne disparaissent pas, elles se déplacent. Même si certaines obligations réglementaires évoluent, les grands clients, les banques et les assureurs continuent de questionner leurs fournisseurs et partenaires sur leurs pratiques. Être capable de répondre avec des éléments sérieux reste un avantage concurrentiel.

Comment je vois mon rôle demain

Si la RSE doit être incarnée par chaque direction, mon métier n’est pas d’être « la personne RSE » de l’entreprise, mais de l’aider à ne plus en avoir besoin pour avancer au quotidien : partir de ses enjeux réels, former les équipes, mettre en place des indicateurs utiles, articuler qualité, sécurité, environnement et responsabilité sociétale dans un système simple, et accompagner dans la durée.

L’accompagnement évolue, mais le besoin, lui, demeure : transformer une intention en pratiques tenues dans le temps.

En résumé

Les directions RSE des grands groupes sont en pleine mutation, et les TPE et PME ont une longueur d’avance sur l’intégration. L’enjeu pour elles n’est pas de créer une fonction de plus, mais de faire de la RSE un réflexe de pilotage, relié à la stratégie, aux finances et à l’activité.

Vous vous demandez par où commencer dans votre entreprise ? Parlons-en : un premier échange permet souvent de clarifier les priorités.

COOP&SENS accompagne les entreprises partout en France sur leurs projets QSE-RSE, avec des outils sur mesure et simples à mettre en œuvre. Contact : Sandra Lebellanger — sandra@coop-sens.fr — 06 85 72 35 61 — www.coop-sens.fr

Source : Novethic, « Les directions RSE sont-elles vouées à disparaître ? », Clément Fournier, 29 septembre 2026.

Articles liés

Les directions RSE vont-elles disparaître ?
Nous utilisons des cookies pour vous garantir la meilleure expérience sur notre site. Si vous continuez à utiliser ce dernier, nous considérerons que vous acceptez l'utilisation des cookies.
Plus d'info