Depuis quelques mois, j’observe des crtiques croissantes concernant l’évaluation ECOVADIS. Le meme reproche revient toujours : l’évaluation reposerait largement sur des éléments déclaratifs et sur des justificatifs documentaires, et pousserait certaines entreprises à construire une démarche « sur le papier » plutôt qu’une démarche opérationnelle, sur le terrain.
Ce n’est pas nouveau. J’entends exactement les mêmes remarques depuis des années sur les certifications ISO 9001, ISO 14001 et ISO 45001. Alors, ces démarches servent-elles vraiment à quelque chose ? Voici mon point de vue de consultante QSE-RSE qui accompagne des TPE et PME sur le terrain.
Ce que les critiques ont raison de pointer
Soyons honnêtes : le risque existe. Une évaluation repose sur des preuves transmises par l’entreprise. Un système de management peut être documenté de façon très complète sans jamais être appliqué. Et il y a une réalité que je constate au quotidien : la majorité des dirigeants qui se lancent ne le font pas par pure conviction.
Quand j’ai créé COOP&SENS, je pensais accompagner des chefs d’entreprise convaincus par les bénéfices de l’amélioration continue. Après quelques années de pratique, le constat est plus nuancé. Les déclencheurs sont le plus souvent :
- une demande client ou donneur d’ordres (cahier des charges, appel d’offres) ;
- un banquier qui propose des conditions de financement avantageuses en échange d’engagements RSE ;
- un assureur qui questionne la maîtrise des risques ;
- une obligation réglementaire, ou parfois la volonté de « régler » son impact via la compensation carbone plutôt que de le réduire.
Les convaincus existent, mais ils ne sont pas la majorité.
Une intention « imparfaite » est-elle un problème ? Je ne le crois pas
Ma conviction, forgée sur le terrain : ce qui compte, ce n’est pas l’intention de départ, c’est le résultat dans la durée.
Pourquoi ?
1. On ne tient pas longtemps avec une démarche uniquement « papier ». Un référentiel ISO ou une évaluation RSE s’inscrit dans un cycle : audits internes, revues de direction, indicateurs de suivi, plans d’actions, nouvelle évaluation. Chaque cycle demande des preuves de mise en œuvre réelle. Une démarche fictive devient vite coûteuse à maintenir et fragile face aux auditeurs et évaluateurs, qui ne sont pas dupes.
2. L’amélioration continue produit ses effets, quelle que soit la motivation initiale. À force de suivre des indicateurs, de refaire le point chaque année et de traiter des écarts, les pratiques évoluent. Et l’état d’esprit des équipes aussi.
3. Les entreprises accompagnées en témoignent. Plusieurs clients que j’ai accompagnés à la suite d’une demande de leurs clients me disent aujourd’hui avoir trouvé un véritable intérêt à la démarche :
- une structuration du fonctionnement de l’entreprise (qui fait quoi, comment, avec quels documents) ;
- une intégration plus facile des nouveaux arrivants, grâce à des processus clairs et partagés ;
- un temps pour se poser, faire le bilan de l’année écoulée et identifier des pistes concrètes pour faire mieux l’année suivante.
Aucun de ces bénéfices n’était l’objectif de départ. Tous sont devenus des raisons de continuer.
Comment éviter le piège de la démarche « papier »
Le risque n’est pas dans le référentiel, il est dans la manière de le déployer. Voici ce que je recommande aux TPE-PME :
- Partir de votre activité réelle, pas d’un modèle générique : un diagnostic de vos process et de vos risques avant d’écrire quoi que ce soit.
- Définir des objectifs avec vous, pas pour vous : des engagements que vos équipes comprennent et peuvent tenir.
- Impliquer les équipes terrain dès la construction du plan d’actions (ateliers, intelligence collective, sensibilisation).
- Choisir des indicateurs simples et réellement suivis, plutôt que des tableaux de bord impressionnants jamais ouverts.
- Mesurer et ajuster : revue annuelle, audit interne, retour d’expérience.
- Rester proportionné : une PME n’a pas besoin du système d’une multinationale.
Alors, ECOVADIS et ISO : utiles ou non ?
Les critiques sur le caractère déclaratif sont légitimes et doivent nous inciter à la vigilance, notamment côté donneurs d’ordres. Mais en conclure que ces démarches ne servent à rien serait, selon moi, une erreur. Un outil d’évaluation ou une norme n’est qu’un cadre. Sa valeur dépend de ce que l’entreprise en fait.
Une entreprise qui s’y engage « parce qu’on le lui demande » peut très bien en sortir transformée, à condition d’être accompagnée pour que la démarche reste utile, simple et appliquée dès le premier jour.
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COOP&SENS accompagne les TPE et PME partout en France, avec trois niveaux d’intervention :
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